Marathon de Genève 2011

 Lorsque j’arrive à Genève le samedi 14 mai, la météo est plutôt maussade et la ville semble bien triste. Heureusement des courses d’enfants sont programmées et animent un peu les bords du lacs : ambiance course de village sous la pluie avec plus de coureurs que de spectateurs qui doivent se limiter aux parents et amis.

En tant que coureur, deux rayons de soleil cependant : voir les jeunes coureurs et coureuses tout donner dans la compétition (ah, si seulement j’avais commencé à courir à leur âge) et échanger quelques mots avec Dawa Sherpa (parrain des courses du week-end), figure mythique du trail. Je lui demande évidemment de me parler de ses prochaines courses et il me demande ensuite avec intérêt à quelle course je participe demain. Un échange entre coureur qui partage la même passion tout simplement.

Je vais ensuite chercher mon dossard et là surprise : ce n’est pas running expo style Paris mais une tente avec 300 m² de surface et en tout et pour tout 50 personnes sur place et 5 stands des partenaires. Donc en 5 minutes environ j’en fais le tour et avant de repartir je prends soin de noter le numéro de dossard de Patrice pour m’aider à le retrouver le lendemain au départ.

Je viens de prendre conscience sur place de ce que j’avais pressenti depuis quelques jours : Genève n’est pas un grand marathon international et avec 1000 coureurs attendus la course de demain sera différente de ce que j’ai vécu à Londres, New York, Paris, Médoc et Nice. Pas déçu mais quand même surpris car la publicité pour l’événement était assez forte.
Comment me suis-je retrouvé sur ce marathon à Genève ? Tout commence en janvier 2011 où je débute mon plan d’entrainement pour le marathon de Paris auquel je suis inscrit. Lors de ma troisième semaine, une douleur au mollet m’oblige à consulter mon médecin qui me confirme une nouvelle déchirure au mollet : 3 semaines d’arrêt et 12 séances de kiné pour soigner correctement cette blessure. Le moral est au plus bas et je décide de suivre la prescription et de compenser cet arrêt par de la PPG tous les jours (pompes, gainages, abdos…). Je peux reprendre la CAP après cette période et je décide, après deux semaines de reprise douce, de me lancer dans un nouveau plan d’entrainement de 8 semaines qui se terminera le 15 mai. Je cherche sur internet les marathons prévu à cette date et un seul apparaît à l’écran Genève. Coup de chance car c’est à 2h30 de chez moi et coup de cœur car l’Unicef est le partenaire-bénéficiaire de cette course
Les 4 premières semaines de mon plan se passent bien et je cherche un semi test…comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Je suis inscrit au marathon de Paris donc je vais courir le premier semi en profitant de l’organisation (le dossard était payé et non transférable). Le test est concluant puisque je cours le semi en 1h26mn (record personnel) et en bonus je fais mes premières rencontres avec des membres de la famille esprit running : Thierry, Marc, Tristan, Bernard et Giao.
La cinquième semaine, je pars en vacances une semaine en vacances à Antibes et là, catastrophe : la douleur au mollet se réveille sans prévenir en me levant un matin. Après réflexion, je décide de poursuivre mon entrainement en intensifiant mes séances d’étirement et en soignant ma douleur avec glace et pommade. J’aménage un peu mon plan d’entrainement en remplaçant le fractionné par du seuil. Je peux dire aujourd’hui que c’était le bon choix car la douleur s’est atténuée progressivement et la dernière semaine de repos quasi complet a permis d’arriver quasiment sans gêne le jour de la course. C’est inespéré et c’est surtout un message d’espoir que je souhaite envoyer à tous ceux et à toutes celles qui sont confrontés en ce moment à la blessure.
Après repérage de la ligne de tramway pour le lendemain, le reste du samedi à Genève se passera à l’hôtel car je ne souhaite pas entamer mes forces pour le lendemain. Toute ma dernière semaine a été basée sur la récupération et la charge glucidique et ce n’est pas le moment de gaspiller. Je suis assez surpris par ma relative sérénité à la veille de ce marathon alors qu’habituellement la pression monte. L’expérience et le bonheur de pouvoir courir ce marathon après tant d’aléas en sont probablement les raisons.
Après une nuit de sommeil plutôt correcte, le réveil sonne à 5h00 précise : c’est l’heure du Gatosport, 3h30 avant le départ. Ensuite j’enfile mon équipement de combattant du bitume, avec mon t-shirt jaune fétiche qui m’a accompagné sur tous mes marathons. Je prépare ma boisson d’attente, je bourre mes poches de munitions (tablets, barres énergétiques) et pars prendre mon tramway.
De nombreux marathoniens attendent le tramway et j’engage la conversation avec un coureur avec qui je vais échanger pendant près de 45 minutes : quel entrainement, quel objectif, combien de marathons etc.. Le temps de ce matin est quasi idéal : température fraiche (environ 7 degrés), pas de pluie et un vent modéré.
Trente minutes avant le départ, je me dirige vers le départ et je cherche le dossard numéro 653 de Patrice. Dix minutes avant le départ, nous nous apercevons enfin, ravi de nous rencontrer comme si nous nous connaissions depuis très longtemps…C’est vrai qu’à force de se confier nos petits bonheurs et nos petits malheurs sur le site on a un peu l’impression de se connaitre. Nous échangeons nos sensations rapidement et nous donnons rendez- vous à l’arrivée.
Mon objectif sur ce marathon est simple : battre mon record qui date de un an avec 3h08mn au marathon de Paris. Ma tactique est de suivre le ballon des 3h00 le plus longtemps possible et de viser moins de 3h05mn pour me rapprocher de mon rêve « moins de 3h00 » et donc le rendre plus accessible.
Avec environ 1000 participants, le départ se passe sans bousculade et je me cale sur le ballon de référence en essayant de ne pas m’emballer car sans échauffement il faut commencer tout doux pour éviter tout problème. Sensation moyenne sur les 5 premiers kilomètres avec des tensions sur les tibias : première inquiétude aurais-je trop serré mes lacets ?
Le 10 ème km se présente déjà et les tensions ont disparu, simple question de mise en route. Tous les clignotants sont au vert et je profite du paysage campagnard et des bonnes sensations de course en veillant à ne rater aucun ravitaillement en eau et en suçant du dextrose. Temps au 10 km : 42 mn 29 s
Jusqu’au semi, le marathon continue son cheminement dans la campagne genevoise où quelques orchestres et quelques spectateurs essayent d’égayer l’ambiance. C’est pas New York mais c’est sympa et çà distrait. Le temps de passage en 1h29mn30s est parfait surtout que la première partie est ascendante. Globalement, le marathon est en dénivelé positif de +220 mètres et en dénivelé négatif de 260 mètres. Le moral est au beau fixe d’autant que je ne ressens encore aucune douleur ou gêne. Que du bonheur !
A partir du 21ème jusqu’au 30ème km, la route descend vers le lac de manière assez régulière ce qui donne une sensation de facilité au niveau de la vitesse mais on sent que les cuisses fatiguent…au 25ème KM je suis toujours dans le rythme des 3 heures (1h46mn8s) tout comme au 30ème km (2h08mn et 14s).
A partir de là je suis en difficulté pour suivre le ballon des 3 heures et je comprends que je viens de changer de carburant : plus de super glycogéne pur à 100% mais un mélange glycogéne – graisse beaucoup moins performant. Le vrai marathon vient de commencer mais je sais à ce moment-là que mon incapacité à absorber suffisamment de calories au cours de la course va se payer. Au fait, on est arrivé au bord du lac avec sa grande ligne droite pas si désagréable finalement puisqu’en ligne de mire nous voyons le fameux jet d’eau qui se rapproche à chaque foulée.
Je réussis à m’accrocher jusqu’au 35ème km dans un rythme correct avec le ballon à quelques dizaines de mètres devant moi mais je ne peux suivre le rythme. Je vois s’éloigner à ce moment-là mon rêve des 3 heures (que je savais non atteignable pour cette fois) et je me remobilise aussitôt sur mon vrai objectif : battre mon record et si possible descendre sous les 3h05 minutes ( Je crois beaucoup aux calculs scientifiques et sur la base de mon temps sur semi marathon je dois pouvoir faire moins de 3h05mn).
Entre le 35ème km et le 40ème km, la course est entrée dans Genève et c’est hélas la partie la moins sympathique du parcours : assez peu de spectateurs et des allers retours sans grand intérêt touristique et particulièrement néfaste pour le moral avec de nombreuses relances à effectuer. Au 40ème KM mon chrono affiche 2h52mn55s.
Sur les 2 derniers km, les spectateurs sont un peu plus nombreux et le parcours plus droit et j’essaye donc d’accélérer mais les jambes ne répondent plus…j’ai tout simplement tout donné et j’essaye simplement de finir en maintenant un rythme correct en profitant des derniers hectomètres.
Je passe la ligne d’arrivée en 3h03mn53s les bras levé au ciel, encore incrédule sur le temps que je viens de réaliser améliorant mon record de près de 5 minutes. Quinze jours avant j’étais en plein doute avec ce satané mollet et me voilà désormais en pleine confiance pour atteindre ce rêve que je viens de toucher du bout de l’orteil …J’ai maintenant une certitude : je vais réaliser ce rêve prochainement avec évidemment votre aide et vos conseils avisés.
Ce n’est pas fini car après avoir récupéré mon sac aux vestiaires (qui était quand même situé à plus d’1 km de l’arrivée), il faut maintenant que je retrouve mon ami Patrice qui a dû en terminé. Après quelques minutes d’attentes, eh oui Monsieur a pour habitude de se faire masser après chaque marathon (lol), on se retrouve et nous partageons un bon moment d’échanges sur notre course et nos sensations. Je le félicite et lui avoue que j’aimerais encore courir comme lui à 55 ans…Patrice a eu la bonne idée de prendre son appareil photo pour immortaliser cette nouvelle rencontre esprit running. Il est déjà l’heure de repartir et je sais en le quittant qu’une nouvelle amitié entre coureur est née. Vivement les prochaines rencontres avec Patrice et la bande esprit running !.
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Le mirage des ballons

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Ce matin de vacances en Turquie, je me réveille au son de l’appel à la prière du muezzin. Il est 5h00 du matin, je saute dans mes runnings car j’ai du temps devant moi. Je pars et j’emprunte à 300 mètres de l’hôtel un chemin qui me mènera au cœur d’un spectacle extraordinaire. Je cours au milieu des sculptures naturelles de la Cappadoce avec en toile de fond des dizaines de montgolfières multicolores dans le ciel. C’est magique, un rêve éveillé qui se déroule à la vitesse de mes foulées.
La communion avec la nature est complète. Caressé par les rayons du soleil dans un air rafraichi par la nuit, un compagnon à quatre pattes me suit depuis l’hôtel. Un chien blanc roux qui court à quelques mètres derrière moi sans aucune agressivité. Il me regarde d’un air triste et penaud. Il me suivra tout au long de cette traversée tel un ange gardien, accélérant et ralentissant au rythme de ma course. Je n’ai alors qu’un regret : ne pas avoir pris mon appareil photo pour immortaliser ce moment de grâce, et bien entendu le partager avec vous.
Le vol silencieux et majestueux des montgolfières me laisse penser que l’homme court peut être aussi car il ne peut pas voler. Ecrasé par l’apesanteur, sa course ressemble à un long envol qui ne réussirait jamais. Seul le court moment où nos deux pieds quittent le sol nous rapproche de cette instant magique de l’envol.
Une image me vient alors à l’esprit, vous la connaissez sans doute : un homme affublé de deux ailes mécaniques essaye de voler sans y parvenir…
Il est déjà l’heure de rentrer et je ne résiste pas à l’envie de gravir une petite colline pour m’approcher d’une «cheminée des fées » et m’arrêter un instant pour contempler ce spectacle enivrant, symbole de l’union entre l’Homme et la nature.
Juste avant de redescendre un petit fennec me regarde un instant en ayant l’air de me dire, tel le renard au Petit Prince, ne rentre pas et continue à vivre ton rêve de découvrir tous les trésors de ce monde.Il fuit finalement à toutes jambes me rappelant que la nature est aussi un monde de lutte et de survie du plus fort…ou du plus rapide.
Ce dimanche 5 juin restera gravé dans ma mémoire comme le plus beau footing de ma vie.

Courir en Turquie

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Ce matin-là, je me lève et saute dans mes runnings pour aller courir. Arrivé la veille de nuit, j’ai la surprise d’apercevoir en sortant de l’hôtel un imposant volcan de 4000 mètres qui masque en partie le soleil levant.
Comme aimanté par son sommet, je décide de courir toujours tout droit vers lui. Par attraction bien sûr mais aussi par prudence pour ne pas me perdre car je n’ai aucun sens de l’orientation.
L’air matinal est frais mais déjà le soleil est à l’œuvre pour le réchauffer.
Je traverse ainsi la ville sur 5 kilomètres environ en croisant de nombreux ouvriers turcs qui partent travailler à pied ou en bus. Ils prennent tous un air surpris car apparemment le coureur à pied n’est pas chose courante dans les rues de la ville. C’est vrai que mon maillot jaune fluo et mes manchons de compression me donnent un look particulier qui les amuse beaucoup. Heureusement le ridicule ne tue pas, et voir les turcs sourire est un moment qui ne se rate pas (ils ne sont pas naturellement très souriants).
A mi-parcours, j’approche d’une petite colline surplombé par le drapeau turc. L’appel des sommets m’oblige à le gravir et là quel beau panorama : la ville et ses minarets d’un côté et le volcan enneigé de l’autre.
En redescendant , j’entends puis j’aperçois deux gros chiens qui s’élancent vers moi à environ 300 mètres. Je ramasse deux grosses pierres dont je n’aurai heureusement pas à me servir car ils font demi-tour sans aucune raison apparente. Les dieux de la course à pied sont avec moi.
Le volcan qui paraissait si proche et finalement à plusieurs dizaines de kilomètres et mon envie de l’approcher et de le gravir se transforme en frustration. Je devrais me satisfaire du panorama magnifique sans pouvoir goûter de mes foulées cette terre noire et blanche.
Au retour je prends conscience du niveau de pollution dû notamment au bus qui roule au diesel. Il y a encore du chemin à faire pour sauver notre planète. J’aperçois l’hôtel, mission accomplie, je ne me suis pas perdu.

Trail de la Vallée de l’Ouche

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En ce samedi après midi je suis encore hésitant quant à ma participation au Trail de la Vallée de l’Ouche du lendemain. D’un côté, il y a l’envie avec la découverte d’un nouveau trail et le désir d’en découdre avec un parcours de 26 km et 1000 mètres de dénivelé et de l’autre côté une météo annoncée froide et pluvieuse et un état de fatigue depuis quelques jours.
Finalement, je décide au vu de la météo du dimanche matin, froide mais sans pluie, d’y aller et je prépare rapidement mon sac de trailer.
Le rendez vous est à Saint Victor sur Ouche et pas loin de 200 participants sont là pour découvrir cette deuxième édition en version 12 km ou 26 km.
L’ambiance est vraiment sympa et conviviale et l’organisation simple mais portée par des passionnés. Avec de faibles moyens, l’organisation sera quasi parfaite. Bravo à eux.
Le départ est donné en masse à 9h30, commun aux coureurs des 12 et 26 km dont les chemins se sépareront un peu plus tard.
La course commence par une montée qui permet de chauffer rapidement les jambes. Je pars doucement car sans échauffement et au vu des difficultés à venir il sera toujours temps d’accélérer ensuite.
S’ensuit une descente assez longue qui s’avère difficile et technique car en plus du dénivelé le sol est instable et pierreux. Le rythme n’est donc pas très rapide et l’attention maximale. Les cuisses travaillent un max.
Ensuite, les parcours du 12 et du 26 km se séparent ce qui permet de voir avec qui vous êtes en compétition. Je rattrape au train 2 coureurs partis beaucoup trop vite et en aperçoit deux autres à 100 mètres environ. Une nouvelle montée nous attend et nécessite une alternance de marche et de course. Mon entrainement marche/course alternée paye et me permet de recoller aux coureurs qui me précédaient.
En fin de montée nous nous retrouvons tous les 3 dans une partie très pentue et très technique nécessitant de s’accrocher aux arbres pour éviter les glissades sur un sol boueux. A un moment nous nous retrouvons face à une falaise apparemment sans passage ? Nous serions nous perdu ? Non un passage d’environ un mètre est situé un peu plus loin …une sorte de passage secret dont rêve tous les enfants.
Nous ne sommes plus que 2 et je vois petit à petit le concurrent prendre de l’avance. Il semble plus rapide et surtout il est bien plus jeune. Le moral en prend un coup car c’est pas marrant de se faire distancer.
Pont-de-l-Ouche-a-Saint-Victor-sur-Ouche_lightbox
Deux coureurs venant de l’arrière me doublent à un rythme remarquable et je décide d’essayer de les suivre. Je réussis à tenir leur rythme sur 5 km et du coup trois concurrents ! Cela s’appelle prendre la roue non ? Hélas, une petite chute en dérapage incontrolé me fait perdre leur trace mais aucune blessure…c’est un moindre mal.
Ensuite, une grande descente nous amènera au 20ème km. Descente identique à la précédente mais que je fais hélas seule car je me perds et je suis obligé de faire demi tour en perdant près de 3 minutes. Dommage mais le moral est bon et les jambes sont là donc je repars à fond pour tenter de faire au mieux.
A 2 km de l’arrivée, les organisateurs nous ont programmé une belle montée nécessitant une marche forcée qui achèvera les cuisses des concurrents. Ensuite c’est une grande descente jusqu’à l’arrivée sur 700 mètres. Je vois un concurrent qui finit difficilement et je décide de sprinter pour le doubler…j’échouerai pour une seconde mais quel belle fin ! J’apprends ensuite qu’il s’agit du premier V2 de la course. Franchement chapeau bas ! Je découvre également qu’il est originaire des Ardennes mon département d’origine.
Finalement je suis 19ème sur 87 avec un temps de 2h22mn.
Ensuite, et ca fait partie des plaisirs du trail, de nombreux échanges ont lieu entre les anciens compétiteurs qui se sont tirés la bourre pendant 26 km et qui maintenant sont heureux de partager leurs impressions autour d’un coca, d’un morceau de pain d’épice et de quelques fruits secs. Le trail c’est vraiment génial : simplicité, convivialité, nature, efforts variés. Vous n’avez pas envie d’essayer ?

Le défi du Myon

Ce jour-là, un trail de 15 km avec 500 mètres de dénivelé positif est programmé à Messanges (Côte-d’Or) : le défi du Myon. La météo du jour s’annonce capricieuse en ce samedi 18 juin avec alternance de soleil et d’averses, mais je décide de m’inscrire à cette course car ce sera ma seule occasion de faire une compétition sur ce mois de juin. Mon entrainement étant essentiellement de type marathon depuis près de 9 mois. J’ai réalisé sur les 15 derniers jours 3 sorties de préparation trail en intégrant un peu de dénivelé.
Sur la ligne de départ, l’ambiance est sympathique : photo collective de tous les concurrents (150 participants), tour de chauffe dans le village et applaudissements nourris pour le cinquantenaire du jour. Je suis bien placé pour le départ juste derrière les stars locales.
Pan ! Le départ est donné. Il est rapide puisque les premiers kilomètres sont plutôt plats. Les sensations sont moyennes, j’ai besoin de quelques kilomètres pour me sentir bien. Les appuis sont fermes car le soleil a décidé d’accompagner ce début de course. Les premières montées se présentent à partir du 3ème kilomètre dans des chemins de vignes (nous sommes pas loin de Nuit Saint Georges).
Je décide de faire 2 raidillons en marchant pour éviter de me carboniser les cuisses ce qui permet à 2 concurrents de me doubler. C’est frustrant mais j’applique simplement les conseils des meilleurs trailers tirés de mes lectures. Dès le sommet atteint je pense à bien relancer pour éviter la perte de rythme. J’ai lâché environ 200 mètres sur le groupe de tête et je suis dans les 25 premiers.
La montée est ensuite moins raide et je la cours au train en veillant à mes appuis pour éviter toutes entorses ou dérapages incontrôlés. Nous sommes maintenant sur le plateau et là un véritable déluge de pluie s’abat sur nous. La course devient plus difficile car je ne vois plus grand-chose à cause de mes lunettes et surtout le sol devient boueux et glissant. Elle devient aussi plus plaisante et amusante avec le plaisir enfantin de courir dans la boue et sous la pluie…un vrai trail quoi.
myon-freerunner
Nous entrons ensuite dans un bois sur un chemin étroit et parsemé de pièges : roches glissantes, morceaux de bois dépassant du sol…Je ne vois pas grand-chose avec mes lunettes toujours embuées mais suffisamment pour apercevoir un des concurrents qui m’a doublé tout à l’heure en courant dans la montée. Je le rattrape et décide de rester derrière lui…d’ailleurs il est impossible de le doubler car le chemin est trop étroit. Je ressens à ce moment cette sensation assez primitive et agréable du chasseur.A la sortie du bois, je réussis à le dépasser sans trop de difficultés car mes sensations sont désormais bien meilleures.
J’aborde maintenant une longue descente assez raide et technique car le chemin s’est transformé en pierrier détremper. La pluie s’est arrêtée et mes lunettes ayant enfin séchées, je me lance à fond dans cette descente sans crainte et survolté par les encouragements des nombreux randonneurs présents et surtout j’ai dans ma ligne de mire à 250 mètres un nouveau concurrent. La chasse est lancée. La fin du parcours est plutôt plate sur 4km et mon entrainement marathon me permet de tenir un bon rythme, l’écart se réduit progressivement. Mais premier incident : je perds mon dossard (qui s’est déchiré car détrempé). Je m’arrête pour le ramasser et je perds près de 5 secondes. Je reprends le rythme et je me rapproche à nouveau du concurrent mais …second incident : trop rapide dans un virage boueux c’est un magnifique roulé boulé que j’exécute en perdant à nouveau quelques précieuses secondes. Heureusement je ne me suis pas blessé et je repars aussitôt.
A 2 km de l’arrivée, je réussis enfin à doubler ce concurrent et finis la course en accélèrant et en donnant tout ce qui me reste, dopé par ce sentiment exaltant d’avoir réussi ces 2 chasses grâce à bonne gestion de mon effort pendant la course. A la fin de la course, j’échange une poignée de main amicale avec le dernier concurrent que j’ai dépassé. Il me félicite et nous discutons pendant près de 10 minutes de notre course et de la course à pied en général. Le trail apporte vraiment beaucoup de plaisir : on oublie le chrono en luttant pour une place, on profite de la nature et des évolutions climatique…et surtout on retrouve cette ambiance et cet esprit trail faîte de partage et d’humilité.