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La course des lumières


Je ne suis pas un fan des courses de 10 km car c’est un effort court mais intense. C’est excellent pour l’entrainement et la VMA mais la dose de plaisir n’est pas forcément présente.
Mais cette course se déroule de nuit et le départ est à 1 km de chez moi. Donc, je ne trouve pas d’excuse valable pour ne pas m’inscrire …seulement 4 heures avant le départ à cette « sans doute » dernière course de l’année.
Cette épreuve sera unique car elle est faite pour l’inauguration d’une route attendue par les dijonnais depuis plus de 10 ans qui contournera Dijon par le Nord.
C’est donc un des événements du jour en sachant que Dijon était ce week-end là « the place to be » car nous avions l’honneur d’accueillir le concours Miss France et les championnats de France de Natation avec Manaudou et Stravius.
Contrairement à une rumeur qui a couru sur le net, JP Foucault n’a pas pu dormir à Dijon, non pas parce qu’il ne le voulait pas, mais parce qu’il n’y avait plus de place!
Sur la ligne de départ, l’ambiance est bon enfant malgré la présence de plus de 2000 coureurs impatients d’en découdre et surtout de se réchauffer.
Je suis plutôt bien placé derrière les stars locales venus pour la gagne. C’est parti avec une grande portion en descente. Ca va très vite et je finis ces deux premiers kms à plus de 17 km/h sans m’être mis dans le rouge car je sais que la course annonce 200 mètres de dénivelé.
Effectivement, après le virage à 90 degrés, une longue montée de 1500 mètres nous attend. Je me cale sur un bon rythme et remonte de nombreux participants asphyxiés par ce départ canon.
Cette course porte bien son nom car soit nous sommes dans le noir et les frontales dessinent une belle farandole de lumière soit nous traversons des tunnels éblouis par la lumière artificielle des lampadaires.
Je suis arrivé sur la partie plate du parcours et je peux dérouler ma foulée en maîtrisant plus facilement mon rythme. Cette partie est un plaisir car la nuit m’enveloppe en décuplant les sensations.
J’ai l’impression de courir plus vite. Avec les faisceaux des nombreuses frontales, mon ombre se projette au sol avec deux fois plus de jambes que d’habitude.
Je ne vois pas vraiment les autres concurrents mais j’entends leur souffle court. J’adore ces moments d’animalité où tous les sens sont en éveil pour compenser l’absence de visibilité.
J’attaque maintenant la deuxième partie du parcours par une longue montée. C’est là que ça se joue. Il faut réussir à tenir son rythme et il faut serrer les dents car les poumons sont à vif, le coeur s’emballe et les cuisses chauffent. C’est le moment de vérité.
Je double quelques concurrents et j’espère en doubler encore quelques uns et je tente d’accélérer sur les deux derniers kms. Mais une petite alerte musculaire sur l’arrière des jambiers m’oblige à rester raisonnable et je me laisse doubler par quatre concurrents…C’est une course d’entrainement donc ce serait idiot de se blesser et de ne pas pouvoir profiter des derniers jours de cette belle année de course à pied.
La ligne d’arrivée est franchie en 42 minutes et 20 secondes avec une belle 69 ème place. Les organisateurs nous offrent café et chocolat chaud ainsi qu’un superbe feu d’artifice pour saluer notre effort.

Ci-dessous un lien pour une vidéo réalisée par Oscar Dubonnet. Génial on s’y croirait! :

SEMI DU BIEN PUBLIC 2013

-course-du-bien-public
C’est la rentrée… Le moral n’est forcément pas au top car les journées à cavaler dans les montagnes sont terminées et il faut rejoindre le bureau… Heureusement à Dijon, il y a une course de rentrée, le semi du Bien Public, le canard local. Plus de 2 300 personnes s’inscrivent chaque année sur le 10 km et sur le semi (environ 550 coureurs).
Je m’étais inscrit par précaution avant de partir en vacances, mais j’ai longtemps hésité à prendre le départ car il pleuvait, j’étais plutôt fatigué et surtout je suis en pleine préparation pour la Course des Templiers avec un trail test de 35 km le 22 septembre.
La météo se tient et je décide de me lancer une heure avant le départ.
Je trottine 2 km jusqu’à la ligne de départ pour m’échauffer tranquillement et je croise une star locale de la marche avec qui j’échange quelques mots.
Je me faufile un peu dans les rangs pour ne pas être trop loin lors du départ et c’est parti sur un parcours que je connais par cœur puisqu’il s’agit de l’un de mes principaux lieux d’entrainement. C’est sur ce parcours que j’ai établi mon record l’an passé en 1h23mn et 44s. J’étais en pleine préparation du Marathon de Berlin et j’étais particulièrement affuté pour l’exercice avec beaucoup de séances de vitesse.
Cette année ce n’est pas le cas. Je suis passé principalement sur le trail et j’ai plus axé mes séances sur le foncier et le dénivelé. L’objectif était donc de faire une bonne sortie au seuil.
Les premiers km se font sur un bon rythme (3’50’’ au kilo) et je me retrouve dans une position peu enviable car je suis à l’arrière du groupe de tête (environ 40 coureurs) et derrière moi c’est le désert avec un vide de plus de 200 mètres. Au vu des conditions météo pluvieuses et venteuses, il n’est pas raisonnable de rester entre les deux groupes. Je choisis de m’accrocher au groupe devant où je repère la première féminine que je vais chercher à rattraper. Je réussis à le faire vers le dixième km que je passe en 39mn et 37s et je me retrouve dans un groupe de 4 coureurs.
Entre le 10ème et le 15ème km, je me laisse un peu enfermer et endormir et la moyenne baisse. Je me décide à partir du 17ème de lâcher un peu plus les chevaux et j’ai la surprise de voir la première féminine suivre mon accélération. Elle devait chercher un pare-vent et un lièvre pour finir le semi. Cette situation m’est profitable car même si elle ne prend aucun relais je me motive en décidant de tenter d’arriver avant elle.
Sur les derniers kms, je réussis à prendre 100 mètres d’avance, elle ne me rattrapera plus. Un coureur est quelques dizaines de mètres devant moi. Je sprinte pour essayer de le doubler, mais je me rends vite compte qu’il est plus frais que moi et qu’il est facile. Je laisse tomber et finis en 1h24mn et 33s à la 44ème place, juste devant la première féminine.
Je suis plutôt satisfait de mon temps car finalement c’est mieux qu’espéré… mais alors que je me ravitaille sur le stand d’après-course, je constate que je boîte et que j’ai mal derrière mon mollet gauche. Aie ! Le sprint final (option pas très maligne…) a été fatal. Je passe au massage pour leur expliquer ce que j’ai et l’ostéopathe prédit une déchirure… Horreur, malheur, j’ai mis deux ans à me sortir de ma déchirure au mollet droit…
Le soir, je m’installe dans mon canapé en espérant voir quelques images de la course sur FR3 Bourgogne. Un reportage de quelques minutes a été tourné… et oh… quelle surprise ! Je suis en gros plan pendant quelques secondes ! Car le cameraman a filmé l’arrivée de la première féminine.

C’est bien sûr une première pour moi et cela me remonte un peu le moral atteint par la blessure qui me lance.
Après trois jours de repos, je suis certain maintenant qu’il ne s’agit pas d’une déchirure, mais d’une contracture qui a quasi disparue. OUF ! LE fait de courir à un rythme élevé sur une surface dure explique probablement ce petit problème. Allez, finalement c’était le bon choix de prendre le départ et je suis passé à la télé ! Demain on reprend avec une sortie VTT, puis on enchaîne avec l’entrainement trail.