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Un défi, un combat, un premier abandon

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Le départ

Tout avait bien commencé : ambiance extraordinaire au départ avec un physique pas trop mal et un mental gonflé à bloc.

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J’étais au départ de la Diagonale des Fous et je savourais les longues minutes d’attente placé dans les premiers rangs. Allongé sur mon carton (merci Julien pour le conseil) j’admire le ciel étoilé.

 

Puis d’un seul coup, vers 21h00, une heure avant le départ, tout le monde se lève et une énorme poussée serre les rangs. Après une heure d’attente, le départ est donné dans une terrible bousculade et dans une ambiance de folie… puis petit à petit chacun prend son rythme.

De Saint Pierre à Cilaos

Les 14 premiers kms se passent tranquillement, chacun trottinant en fonction de son niveau. Puis, les choses se compliquent car les premiers bouchons se présentent. Nous allons progresser pendant 1h30 dans des bouchons interminables. Heureusement, l’ambiance est à la rigolade, presque tout le monde ayant compris qu’il ne servait à rien de s’énerver.
Le jour se lève, le soleil nous réchauffe, j’ai sommeil…je fais une première micro-sieste : 6 minutes top chrono.
La descente de Kervéguen est sans aucun doute la partie la plus difficile techniquement de cette course…on peut vraiment se faire peur. J’y vais très prudemment…
A Cilaos, je zappe la douche mais je me change complètement et je prends un peu de temps pour m’alimenter. Les barrières horaires ne sont pas très éloignées…

 

 

De Cilaos à Sans Souci

J’allume la frontale en bas du sentier du Taibit. Je fais le plein d’énergie, me crème les pieds qui commencent à chauffer sérieusement. La montée se passe plutôt bien mais la descente vers Marla me paraîtra très longue…avec une douleur qui s’éveille dans mon genou gauche…qui ne me quittera plus et s’intensifiera m’obligeant à marcher ou courir en boitant.

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La nuit dans Mafate reste un moment peu clair dans mon esprit. J’avance dans une sorte de rêve éveillé dans un état un peu second…mais j’avance. Sur certaine portion, je me retrouve seul et je ne suis plus toujours très sûr d’être sur le bon chemin. Heureusement, quelques trailers me dépassent de temps en temps pour me rassurer.

Je repars de Roche Plate assez rapidement car les barrières horaires me paraissent courtes et vu mon état je ne vais pas pouvoir accélérer, juste avancer. Il va falloir affronter la montée du Maido. Je connais ce spot mais grimper ce D+ dans l’état de fatigue avancé dans lequel je suis me laisse penser que cela ne va pas se faire rapidement. Effectivement, de nombreuses pauses vont être nécessaires pour atteindre le sommet.
J’arrive en haut au son de la traditionnelle cloche et me prépare à me jeter sur le ravitaillement…il va falloir attendre car il est annoncé 30 minutes plus loin! Dur. JE m’allonge pour tenter de me reposer un peu et je m’endors 30 minutes sans vraiment l’avoir décidé.
La descente du Maido vers Sans Souci me paraît interminable, presque toujours en descente et avec une marche tous les 5 mètres qui martyrise mon genou. Heureusement, je suis un groupe ce qui m’encourage à ne pas trop ralentir.
Les derniers kms avant la base de vie de Sans Souci, une contracture au dans le dos m’oblige à avancer penché…je suis en train de payer la posture prise pour compenser ma douleur au genou.
A la base de vie de Sans Souci, je fais une vraie pause avec douche, repas et massage…mais l’état général lorsque je repars n’est pas très rassurant. Heureusement, je croise une traileuse qui me dit que nous sommes largement dans les temps. Ça me rebooste et je me dis que tout reste possible.

De Sans Souci à …

L’étape suivante, interlac, est sympa même si le départ oblige les coureurs à traverser un gué de nuit sur de grosses pierres…vu mon équilibre c’est un miracle que je sois passé.
Ensuite, la traversée du village avec plusieurs stands de ravitaillements permet d’avancer sans trop penser à la douleur. Maintenant, je suis plié en 2, et je vais parcourir 10 kms dans cette position pour atteindre le ravitaillement.
Là, pas de chance, il n’y a ni kine, ni médecin ni même un lit pour s’allonger. Donc après quelques étirements, je repars vers la Possession. La traversée de gros blocs de pierre avec mon dos en compote est redoutable et je transpire de manière excessive et inhabituelle. Des sensations bizarres et inquiétantes me font craindre un problème médical plus grave. Je réussis à passer cette étape jusqu’au chemin forestier. Il est environ minuit, mon dos se bloque complètement. Plié en deux, sans pouvoir me redresser, la marche devient impossible. Je réussis à l’allonger au sol, à sortir ma couverture de survie. Après plusieurs tentatives, il m’est impossible de me lever…il est temps d’appeler les secours.
Les secours arriveront vers 4h00 du matin. Après plusieurs essais avec leur aide pour me redresser, il faut se rendre à l’évidence… je serai évacué par hélicoptère vers 8h30 vers l’hôpital de Saint Denis qui comble de l’ironie, se situe près du stade de la Redoute…

Un point positif ? Oui, les très nombreux soutiens et les encouragements que j’ai reçus de mes amis pendant et après cette aventure! Merci!

 

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Alesia Trail – 51 kms


C’était la dernier trail de préparation avant la Diagonale des Fous. Au programme 51 kms et 1700 de D+.


La veille, je suis à deux doigts d’annuler ma participation à cause d’une douleur sous le pied…le lendemain matin, le pied va mieux mais je me réveille avec des courbatures intenses en haut des ischios sans avoir fait de sport depuis 3 jours…incompréhensible.

Je me retrouve sur la ligne de départ en me motivant avec la pensée suivante : vu l’état musculaire dégradé ça va plus ressembler à l’effort de la diagonale des fois.

Départ prudent habituel d’autant que le parcours débute par une forte descente…on se calme et on s’échauffe tranquille.

Je connais bien le début du parcours car je l’ai reconnu début juillet avec l’équipe Terres de Running.

Les sensations sont moyennes en montée, bof en descente et difficile d’allonger la foulée sur le plat…cela va durer 30 kms …s’entrainer à avancer avec une mécanique fatiguée…bel exercice.

A partir du 30 ème, les douleurs s’atténuent un peu et je commence à retrouver mes jambes en montée et à pouvoir batailler un peu sur le plat pour rattraper quelques coureurs…c’est bon pour le moral.

Le plaisir est là et je peux commencer ma traditionnelle remontada. 

Je regagne environ 20 places dont 4 dans la dernière montée que je réussis à courir.

Je finis 93 ème en 6h27 mn…avec une haie d’honneur des copains et copines Terres de Runners …ça fait vraiment plaisir.


Finalement, le test est moyennement concluant mais je vais rester optimiste en retenant la fin de course. 

Un peu cuit non?


 

Trail de la Roche d’Anse

Après bien des hésitations, je me retrouve sur la ligne de départ du trail de la Roche d’Anse. Après 10 jours d’entraînement en montagne les jambes sont lourdes…mais je ne connais pas le parcours, la météo est bonne et surtout j’ai très envie de retrouver les copains de Terre de Running.
C’est parti dans une atmosphère assez chaude et il va falloir penser à s’hydrater. Je me place à l’arrière du peloton et j’attaque tranquillement la première montée. J’ai opté pour le 26 kms qui présente quand même un dénivelé de 1000 mètres. Donc on reste calme pour gérer la distance.


Le tracé est essentiellement en forêt sans difficulté technique sur cette première partie. Le premier ravito est le bienvenu. 

Les kms s’enchaînent et je croise de nombreux terres de runner. 


Certains me doublent (aucun respect pour les anciens lol) n’est ce pas Damien, Alexandre, Anthony, Vincent. Un petit coup de moins bien à mi-course m’a fait baisser un peu le rythme. 

Ensuite, les forces reviennent et je rattrape Vincent qui pleure en haut d’une côte…c’est pas le dénivelé mais la sueur dans les yeux. 

Je profite d’une belle montée pour rattraper Anthony qui me prend en photo. Sympa.


Les 6 derniers kms sont très roulants et plutôt descendants donc j’essaye de maintenir un bon rythme pour éviter les retours de l’arrière.


Je passe la ligne en 3h02 un peu cuit vu la fin de course un peu rapide.


Place à la récupération avec quelques bières pour arroser l’anniversaire de Thomas, le podium et la fête de Marion et le plaisir d’être ensemble.

Trail de Vouglans

Je me retrouve sur la ligne de départ du trail de Vouglans avec au programme 69 kms et 2400 de D+.



Et oui, il faut bien se préparer à courir la Diagonale des Fous. C’est un peu court comme test mais cela me permet de le coupler avec un week end avec ma petite famille venue m’encourager.


Le départ est donné à 7h30 avec une météo estivale. La balade autour du magnifique Lac de Vouglans s’annonce prometteuse.


La première partie est relativement plate et j’en profite pour chauffer la mécanique. Le parcours en forêt est superbe avec des arbres couvert de mousse verte.


Les premiers dénivelés apparaissent à partir du 15 ème kms…enfin des montées! J’adore ça!

A l’approche de Moirans en Montagne, les jambes se font plus lourdes…rien d’anormal puisque l’on est à mi-parcours.


Je repars en même temps que David avec qui je vais courir pendant 30 kms. C’est sympa car ça papote et les kms défilent plus vite. 


Le tracé nous offre quelques vues panoramiques sur le lac. Quelques secondes d’arrêt pour une photo s’impose.



ll fait plutôt chaud et l’absence d’eau sur point de ravitaillement me met en difficulté. Je suis à sec. Petit hic dans une organisation jusque là parfaite:(

Le ravitaillement suivant arrive enfin après la traversée du barrage.


Je bois, je m’asperge car je suis à la limite du coup de chaud.

Je repars avec une partie sur bitume un peu longue…je suppose qu’il est difficile de supprimer ces séquences bitume…un peu trop nombreuses à mon goût.

Je suis un peu dans le dur et je m’applique à relancer sur chaque partie plate. 


Au 59 ème km, David ne peut plus me suivre car je retrouve un peu de jus et j’entame la fin de course avec l’envie de tout donner.

Un raidard d’un km va me donner l’occasion de faire une belle remontada. Je rattrape pas moins de 5 trailers dans cette montée.

Je reste sur ce rythme jusqu’à l’arrivée sur la plage sur laquelle je dois fortement accélérer pour reprendre un concurrent qui venait de me doubler.

Je finis en 10h46 mn accompagné sur les derniers mètres par ma femme et mon fils. Génial…d’autant qu’à l’arrivée plusieurs Terres de Runners sont là pour m’accueillir.

Le test est réussi car je finis la course avec encore un peu de jus mais il va falloir encore passer des caps pour aborder là Diagonale avec quelques chances de succès.


Trail des Ecrins 

Quand tu t’aperçois que tu n’as pas tous tes points pour la diagonale des fous et qu’il te reste 15 jours pour aller les chercher…tu passes en revue tous les trails jusqu’à fin juin…et tu te retrouves inscrit sur la Trans Ecrins : 57 kms et 3300 m de D+. Pour la diagonale il faut dépasser les 85 points sur 2 courses : 57 +33 = 90 : lck22 e compte est bon .De toute façon, il est temps d’accélérer l’entraînement et une première course de préparation qui fait exactement 1/3 du parcours de la Diagonale est un bon moyen de se tester.


Me voilà donc à 6 h du matin, sur la ligne de départ à l’Argentiere la Bessée.


La Trans Ecrins consiste à enchaîner les 2 parcours de trails du jour : le premier fait 23 kms et le second 34 kms.

Je pars en me positionnant en queue de peloton ce qui me permet de m’échauffer à mon rythme. L’objectif du jour est de gérer au mieux l’effort au vu du profil de la course et de la chaleur annoncée. 

Très vite le premier col se présente et je le monte en rythme sans forcer sans me mettre dans le rouge. 


Le parcours est en grande partie dans les forêts à l’ombre. Un vrai . bonheur avec des paysages magnifiques.


On enchaine avec un second col et on redescend sur Vallouise. La barrière horaire est à 10h30 et j’arrive vers 10h00. Je sors la casquette, je me tartine de crème solaire et je refais les niveaux…car pas de ravitaillement solide avant le 46 eme km!

C’est reparti pour la deuxième partie avec la montée du col de Vallouise : 1400 m de D+ sur un peu moins de 10 kms…en plein soleil. Je me mets en mode débranche ton cerveau et go! J’ai pris les bâtons et je ne le regrette pas…En montée, je remonte plutôt des coureurs ce qui est plutôt motivant.


Les premiers névés apparaissent ce qui est bon signe car le sommet approche. 


J’envie ce chien qui a trouvé la solution pour se rafraîchir.


Je profite de quelques pauses pour admirer le grand spectacle de la montagne.

Je repars assez vite après une petite pause au sommet car je suis un peu inquiet pour la prochaine barrière horaire…ce sera effectivement chaud car je frôlerais la barrière à 20 minutes près…mais ça passe. 

Allez, c’est reparti pour l’ascension du col de la Pisse. 


Moins long mais avec moins de fraicheur physique donc il faut puiser un peu dans ses réserves mentales. Le panorama en haut me rappelle pourquoi j’accepte d’en baver sur des parcours montagnards.


Une longue descente est maintenant au programme sur 10 kms…avant le dernier ravitaillement. Il fait chaud et je rêve de quartiers d’orange…une vraie envie de femme enceinte…

La descente est à flanc de montagne et le sentier n peu compliqué…je marche beaucoup et une belle traileuse descend à fond en courant…gloups…pas bon pour mon ego.

Après quelques kms, mes jambes reviennent et je mets à trottiner puis à courir. C’est bon d’avancer à ce rythme et je rattrape la traileuse qui a un coup de moins bien. 

Le ravitaillement arrive enfin. Je me goinfre de quartier d’orange, une vraie orgie.

Il reste 10 kms quasiment plat le long d’une rivière. Les jambes sont un peu entamées et les cuisses bien gonflées d’acide lactique. Donc là soit tu marches et tu mettras plus de 2 heures ou tu cours et tu acceptes d’avoir mal pour en finir plus rapidement. Je choisis le mode course en retrouvant les sensations de fin d’ultra.


Je franchis la ligne d’arrivée après 11h50 de course. 

Le chrono est sans importance car l’objectif était de gérer au mieux l’effort et là c’est plutôt satisfaisant.

Ma préparation spécifique pour la diagonale des fous est lancée et il va maintenant falloir accélérer un peu la montée en puissance.