L’enfer du Galibier

Pour ce dernier jour de mes vacances d’été, je me suis inscrit au Trail du Galibier pour accompagner mon cousin avec qui j’avais couru le Trail Frison Roche quinze jours plus tôt.
Etant en vacances à la montagne depuis trois semaines, j’ai accumulé beaucoup de kilomètres et de dénivelés. Mon objectif est de courir un trail assez long, 45 km, avec du dénivelé, 2600 mètres sur de la fatigue en préparation de ma course objectif du mois d’octobre, les Templiers. Je me suis tout de même accordé 1,5 jour sans course pour laisser reposer un minimum mes muscles surmenés. Je suis très confiant pour ce trail, fort de ces kilomètres avalés…
Levée à 4heures du matin pour me permettre de rejoindre Valloire et de digérer mon petit déjeuner. Pas de gâteau énergétique, faute de four pour le faire cuire, mais un bon bol de « sport déj ».
Au départ, nous ne sommes que 130 coureurs pour ce trail dont le nom fait pourtant rêver non ? Le col du Galibier, le Tour de France, les grands espaces… Je constate également que globalement les coureurs sont plutôt affutés.
Col_du_Galibier_3
Il est 7 heures, le départ est donné et nous voilà parti à l’assaut du Galibier. Le premier tiers de la course se passe plutôt bien et je passe sans trop de mal les trois premières bosses au programme. Après un départ plutôt lent me permettant un bon échauffement, je remontre tranquillement une vingtaine de trailers et me retrouve assez vite dans un groupe qui avance à la même vitesse que moi.
J’ai compris la leçon du trail précédent et je n’ai pas oublié mes bâtons, équipement indispensable sur ce type de course en montagne à condition de s’être un peu entraîné avec évidemment.
Tout se passe plutôt bien jusqu’au 10 ème km où est positionné le ravitaillement de Bonnenuit (1753 m). Les stands tenus par des militaires sont bien garnis et l’ambiance vraiment très sympa.
Ensuite une longue montée nous emmène au col des Cerces à 2524 mètres. Je dois m’employer dans cette montée et je commence déjà à puiser dans mes ressources…heureusement une charmante et efficace traileuse me précède ce qui limite ma perception de l’effort… En haut, un autre spectacle s’offre à moi : le lac de Cerces. Une petite photo et il faut déjà repartir car nous ne sommes qu’au 15 ème km.
Heureusement une longue descente sur 5 km va nous laisser récupérer quelques forces jusqu’au Plan Lachat au 20 ème km. Là, une montée droit dans la pente nous est proposée et je me retrouve pour la première fois de la course en difficulté. Je suis obligé de m’arrêter à trois reprises pour reprendre mon souffle et retrouver un peu de jambe, c’est une première pour moi… La fatigue accumulée sur les trois dernières semaines et l’altitude expliquent sans doute ce petit coup de mou… Plusieurs trailers montagnards me dépassent sans que je puisse les suivre.
Un peu entamé, il faut pourtant entamer la vraie difficulté de la journée, l’ascension qui nous mènera au col du Galibier. La première partie de l’ascension n’est pas trop difficile mais longue et technique. Le silence règne dans les rangs et chacun essaye de ne pas trop penser à la suite…car ensuite se présente à nous deux terribles montées pour atteindre le col du Galibier à 2 642 mètres.
Je suis épuisé et pour la première fois de ma vie de coureur, l’idée d’abandonner m’assaille… Mais ce n’est pas possible car cela supposerait de faire demi tour, ce qui m’obligerait à refaire de nombreux kms.
Je me lance donc à l’assaut du Galibier dans un état de faiblesse avancé… mais voyant les autres concurrents avancer je leur emboîte le pas. A cinq reprises, je serai obligé de stopper ma progression, car je suis pris de vertiges liés à l’effort et à une sensation de manque d’oxygène qui m’amène à la limite de l’évanouissement. Je comprends que je  suis à la limite de mes forces. C’est une première pour moi et je ne sais pas vraiment comment réagir. La montée sera interminable, mais je réussirai à atteindre le sommet où heureusement est logé un ravitaillement. Je mange et je bois tout ce qui passe car mon corps réclame de l’énergie à tout prix : coca, barres, fruits, pain d’épices, un vrai festin. Après 5 ou 6 minutes d’arrêt au stand, je repars pour la longue partie descendante de ce trail soit quand même 15 km et 1500 m de dénivelé négatif.
La première partie de la descente est particulièrement technique dans les Gypsières et je m’oblige à faire particulièrement attention car la pente est raide et les possibilités de chutes dans de jolis ravins ne sont pas exclues. Pour ajouter à la difficulté, un de mes bâtons devient inutilisable et je me résous après quelques tentatives infructueuses de réparation à les abandonner… Les choses se compliquent. Deux / trois trailers armés de solides bâtons me dépassent dans cette descente… rageant.
Je réussis à me sortir de cette descente en marchant et emprunte ensuite un chemin sur plusieurs kms où je peux enfin courir. Je lâche un peu les chevaux mais le festin pris au sommet du Galibier se manifeste et des maux de ventre vont me faire grimacer pendant plus de 30 mn… Je réussis malgré tout à tenir et je ne perds aucune place.
La fin du parcours est assez roulante et je retrouve enfin de meilleures sensations qui me permettent de regagner cinq ou six places. Le compétiteur qui dormait depuis quelques kms vient de se réveiller et la lutte pour les places est engagée.
Je passe la ligne d’arrivée en 8 heures et 12 minutes, classé 88 ème sur 130 concurrents. 

Bilan ?

Points positifs :
– le mental a pris le dessus lorsque la limite physique était atteinte
– c’est un très bon test pour préparer les Templiers en octobre
– j’ai réussi à me remotiver sur la fin de course malgré la fatigue
– je suis finisher et les paysages étaient magnifiques

Points négatifs :
– j’ai sous estimé la difficulté de ce trail
– j’ai mangé et bu n’importe quoi au sommet du Galibier (manque de lucidité)
En synthèse, un trail difficile à ne conseiller qu’à des trailers confirmés sur un parcours difficile et technique… mais tellement beau !

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