mon marathon du Mont Blanc 2012

Réveil à 5 heures pour déguster le traditionnel Gatosport. J’ouvre la fenêtre et hélas l’orage gronde comme prévu avec de la pluie. La journée s’annonce particulière et aventureuse.
J’ai très bien dormi car contrairement au marathon, je ne suis pas stressé par l’objectif chronométrique. En trail, ce qui compte dans l’ordre, c’est se faire plaisir, finir et enfin le classement.
J’enfile ma tenue de trailer et je m’aperçois que j’ai oublié le clapet de la poche à eau de mon camel bag… Pas très pro dans les préparatifs. Tant pis, je prendrais une petite bouteille d’eau dans le sac.
Je quitte l’hôtel et je tombe sur qui… Kilian Jornet qui est logé au même hôtel que moi.
Sur la ligne de départ, l’ambiance est vraiment sympa. La pluie a cessé et la vue sur le Mont Blanc et l’Aiguille du Midi est magnifique.

12693567Chacun, je crois, se rend compte de la chance qu’il a d’être là. Les deux enfants emmenés par les goelettes ne me contrediront pas je pense. Tout cela accompagné de musique entrainante… Ca c’est le bonheur.
Le départ est donné à 7 heures avec une température parfaite pour courir. Ca part très vite car le niveau moyen est élevé avec beaucoup de suisses et d’italiens avec des mollets de montagnards.
S’agissant de mon premier trail en montagne, je pars doucement sur les 18 premiers kms car je sais qu’ensuite ça va chauffer. Cette partie est agréable avec une montée quasi constante mais de faible intensité. Je suis à ce moment là 251e en 1h49 mn (1927 partants).
Avant d’attaquer le col des Posettes, un ravitaillement permet aux coureurs de prendre des forces avant la première vraie difficuté de la journée.

On tourne à droite et ça monte droit dans le pentu et nous n’avons pas d’autre choix que de marcher et ça va durer une heure avec 1000 mètres de D+. En bas, quelques vaches alpines paissent tranquillement… Enfin pas vraiment. Les spectateurs, enthousiastes sur tout le parcours, nous crient que les vaches sont énervées. J’ai cru à une blague sauf qu’à l’arrivée un trailer m’expliquera qu’il s’est fait encorner, ce qui heureusement ne l’a pas empêché de finir avec quand même deux côtes cassées et un sac arraché.
Pendant cette longue montée de 6 km, j’essaye de courir un peu lorsque certains passages sont un peu moins difficiles, car cela permet de relâcher un peu les muscles. Je constate que de nombreux coureurs me dépassent… En haut du col, je suis 294e en 2h48mn.
Le téléphone étant obligatoire, j’en profite pour faire des photos et des petites vidéos avec mon iphone.

12673577Je profite de tous les ravitaillements qui sont vraiment bien fournis avec toujours une petite animation musicale. Je tire au passage mon chapeau, pardon ma casquette, à l’organisation et à la gentilesse des bénévoles. Rien à redire, tout était parfait.
Ensuite c’est une grande descente d’environ 7 km qui nous attend. Il faut vraiment être prudent car c’est super technique et il y a un peu de coureurs et ça double sur des chemins très étroits.

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A mi-parcours, nous avons la surprise de voir deux gendarmes sur le parcours. Ils ne sont pas là pour nous flasher pour excès de vitesse… Mais pour sécuriser un passage très dangereux. L’un deux est attaché et a pour mission de retenir ceux qui arriveraient un peu vite et risqueraient de tomber dans le vide. La rumeur du peloton dit que Kilian Jornet ne s’est même pas arrété et à sauté l’obstacle…
Sur la fin de la descente, nous empruntons un chemin en lacets et là, afin de doubler un concurrent moins rapide, je coupe le virage… Enorme prise de risque sanctionnée immédiatement. Le muscle de mon mollet se tétanise et m’oblige à m’asseoir. Derrière moi, j’entends : « Erreur fatale ! ». Je m’étire un peu et repars… Après quelques mètres le mollet repart ouf ! Mais quelle frayeur ! La prise de risque en descente sur ces longues distances pour gagner quelques secondes ce n’est vraiment pas la bonne option.
Après 50 minutes de descente technique, je passe en 3h40 mn à Le Tour et je suis 263e. J’ai gagné des places et cela me fait vraiment plaisir, car cela valide l’intérêt de mes entraînements dans ce domaine.
En bas, nous attaquons une partie plus plate qui nous mène à un ravitaillement qui est un moment que je savoure, car les efforts successifs ont bien entamé mes forces.
Maintenant, il faut repartir et en montée jusqu’à Flégère à plus de 2000 mètres. Cette ascension est moins difficile sur le papier, mais les jambes sont moins fraiches et la pupart des trailers sont dans le dur. Le mental entre en jeu pour la plupart des trailers à ce moment là. Nous sommes en sous bois, c’est beau, mais ça n’en finit pas. On appuie soit sur ses batons, soit sur ses cuisses et on serre les dents.
A un moment, nous passons sur un pont qui traverse une cascade magnifique et là c’est photo obligatoire. Une musique parvient à mes oreilles… Le ravitaillement est là. Une petite photo et c’est reparti… J’ai en effet regardé ma montre et les moins de 6 heures sont jouables… Il reste 5 km. Je suis passé à la Flégère en 5h09mn et je suis 352 ème. Je perds des places lorsque les montées se font en marchant.

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Cette dernière partie est moins difficile en dénivelé mais les sentiers restent techniques et nous devons même traverser un pierrier, véritable piège pour les chevilles. Ca passe. Mais l’heure tourne et lorsque j’entends puis vois l’arrivée au loin, j’estime que cela va être difficile pour passer sous les 6 heures. Une petite voix se fait entendre : « Freerunner es-tu venu ici pour échouer pour quelques minutes à ce qui serait une belle performance ? ». Le compétiteur se réveille et je jette mes dernières forces dans ce sprint final.
Une grande descente finit d’achever mes quadriceps en piteux état (ça va se payer demain…) et la dernière montée vers Planpraz débute. Soit, je marche comme tout le monde et au revoir les moins de 6 heures, ou bien je cours et c’est bon… Le public est là, m’encourage et je leur demande avec des gestes un peu plus de bruit pour m’aider à finir à fond…

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Le public répond au quart de tour, c’est génial ! Le speaker accueille chaque trailer par un petit mot sympa.
Je finis en 5h58mn22s, 339 ème, épuisé, mais heureux d’avoir vécu ces 6 heures de bonheur.

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Un buffet nous est réservé avec toujours de la musique et une bonne bière nous est offerte en plus de la médaille bien sûr. Ca discute sec et on apprend que Kilian Jornet a fini en vainqueur en 3h38mn explosant le record de 15 minutes.
Kilian, continue s’il te plait à nous faire rêver ! Il a gagné le km vertical le vendredi en battant le record de l’épreuve, il serait monté au Mont Blanc le samedi et il remporte le Marathon le dimanche.
C’est un grand champion, mais un homme aussi. Il finit le doigt levé vers Argentières, là où est décédé récemment son ami, Stéphane Brosse.
Alors, vous vous inscrivez quand ? Faîtes le, vous ne le regretterez pas… Evidemment, préparez vous pour profiter totalement de ce moment magique !

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